Nightflight to Venus

Nightflight to Venus

Pays:   FRANCE

Type:   Boîte de nuit

Étrange que la localisation de cette ancienne boîte de nuit, excentrée en périphérie d’une grande ville francilienne, et au coeur d’un quartier calme bordé par la Marne.

Pour comprendre la raison de ce curieux positionnement il faut remonter plus de cent ans en arrière, au début du XXe siècle…

Histoire des plages fluviales d'Ile-de-France

À cette époque à Paris, un arrêté préfectoral est pris pour chasser et démolir toutes les piscines construites sur les bords de Seine, afin de réaménager les berges et faciliter la navigation fluviale.
Plus que de simples écoles de natation, ces piscines sont de véritables lieux de rencontres et de vie, prisés des parisiennes et des parisiens, qui s’en retrouvent dès lors orphelins.

De la Seine…. à l’Oise et la Marne

C’est donc naturellement en dehors de Paris, sur les bords de la Marne, de la Seine et de l’Oise que ce concept de piscine fluviale déménage, et l’on assiste alors à l’arrivée des premières « plages ».

Véritables espaces en plein air, avec bassins, toboggans, et bancs de sables, les plages fluviales concilient comme leur nom l’indique l’agrément du bord de mer au charme des rives de fleuves.  Les premières à être construites dans la région sont celles de l’Isle Adam (95), et de Boran-sur-Oise (60), qui sortent de terre dans les années 20-30, suivies de près par celle de Gournay-sur-Marne (93), qui figure en photo dans cet album.

Texte: Quentin Pannaud – No Man’s Land-Ubex ©

« Le Deauville parisien », voilà le prestigieux surnom qui lui était donné à l’époque ! Une plage de 300 mètres de long,des bassins et toboggans intérieurs et extérieurs, des péniches aménagées en restaurants et bars, plusieurs dancefloors: il faut dire que l’endroit avait de quoi séduire, et présentait les attributs idéaux pour des parisiens en quête d’évasion !

Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Dick Rivers : plusieurs personnalités, du showbiz fréquentent l’établissement au fil des années, qui connaît son pic de fréquentation dans les années 60. A cette époque, c’est la mode du yéyé et des pattes d’éléphants, une période folle où les tenues se font légères et où les français s’enivrent aux ballons de rouge, aux rythmes des musiques de Polnareff et aux pas endiablés du twist.

De biens belles années qui assoient définitivement la réputation de l’établissement, et le font entrer dans l’histoire de la nuit francilienne.  Il survivra aux années 1970, 1980, 1990 et même 2000 avant de voir sa population décliner dangereusement au début des années 2010, le centre-ville de Paris l’emportant sur la banlieue pavillonnaire. 

Fragilisé par plusieurs crues de la Marne (il avait été construit en zone inondable) et par de nombreux glissements de terrain, il a tiré sa révérence définitivement en 2012.

Plongé depuis lors dans un sordide abandon, ce lieu mythique n’est désormais plus qu’un fantôme sans os, prisonnier de la boue, de la menace d’un fleuve instable, et du temps qui s’écoule désormais rapidement..

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