Tron Factory

Tron Factory

Pays:   FRANCE

Type:   Bonneterie

L’hiver approche, le temps d’acheter des chaussettes chaudes aussi ! En prévision de tout ça, je vous emmène aujourd’hui vous équiper directement à la source, dans une bonneterie abandonnée, comprenez une ancienne fabrique de chaussettes. Odorat sensible s’abstenir !

Loin de la simple visite désorganisée, on s’est en fait retrouvé durant la visite, en déambulant dans les immenses bâtiments, à suivre, bien malgré nous, tout le processus industriel de conception d’une chaussette.
Ici, des dizaines de bobines de fil, à l’époque fraîchement expédiées par les filatures voisines, qui s’amassent, dans un coin. Là, plusieurs métiers à tisser qui s’alignent. Des échantillons, mannequins et produits finis tapissent quant à eux les sols, gorgés d’humidité.

Dans la partie bureau, des ordinateurs, des machines, des documents, des disquettes et tout un tas d’autres éléments pourrissent. Les salles de réunions sont vides, les couloirs sont déserts, et l’ensemble est bien silencieux.

Difficile de s’imaginer, là comme ça, la dense activité qui régnait autrefois ici. Ni le vacarme des ateliers, ni les flux ininterrompus d’employés, ni les centaines de paires de chaussette produites à la journée, qui caractérisaient autrefois le rythme effréné d’une usine comme celle-là, ne sont là pour nous le rappeler.

Partiellement désaffectée à l’aube du XXIe siècle puis totalement quelques années plus tard, elle n’a pas été épargnée par la mode des entreprises françaises, et notamment de textiles, à délocaliser leur production à l’étranger. Des dizaines de salariés licenciés, un site historique contraint de fermer, et des produits, machines et locaux laissés pour compte. Triste fin.

Même si quelques irréductibles fabriques françaises continuent de lutter aujourd’hui face à ce phénomène, je pense notamment aux Manufactures Perrin et BleuForêt, beaucoup d’autres usines, parfois historiques, ont connu ce même destin tragique

Toutefois avec l’apparition des labels, des logos « Made in France », des AOC, des AOP, on commence à assister à un nouvel élan en faveur du retour à la production locale. Tout n’est peut-être pas perdu finalement !

 Mais ne soyons pas trop optimistes pour autant, car réhabiliter, resécuriser, remettre aux normes un bâtiment de cette taille ne sera pas une mince affaire, et nécessitera beaucoup de temps et d’argent, ce que les chefs d’entreprises d’aujourd’hui, qui ne jurent plus que par le « Made in China », n’ont pas…

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