Les Thermes Verts
Pays: FRANCE
Type: Centre thermal
Nous sommes au milieu du XIXe siècle, dans un petit bourg d’à peine quelques centaines d’habitants, niché sur des monts verdoyants du centre de la France.
Des travaux de terrassement menées dans la partie haute du village révèlent à l’époque l’existence d’une source d’eau chaude perdue dans les profondeurs de la terre. Cette eau à 39°C est rapidement reconnue d’utilité thérapeutique, et la construction d’un centre thermal au sommet du mont est entreprise dans la foulée : il ouvre ses portes au début des années 1830.
Une dizaine de cabines, de douche et de bain, sont bâties dans un petit bâtiment en pierre surmonté d’une sublime verrière et dont les murs sont décorés d’enluminures aux motifs floraux. Les malades, les patients ou les simples curieux s’y voient prodiguer des soins, des massages et des pulvérisations d’eau pour traiter leurs maux ou simplement tonifier leur corps et détendre leur esprit (l’établissement est davantage un lieu de villégiature qu’un lieu de cure).
L’installation d’un système de pompage au début des années 1900 donne un coup de pied bienvenu au développement du centre : les installations sont agrandies et modernisées, une buvette installée au rez-de-chaussée, et un hôtel thermal bâti derrière le bâtiment. À son apogée, 3 sources différentes alimentent la station. L’histoire dure ainsi pendant des décennies, jusqu’à la fermeture définitive de l’établissement à la fin des années 1970, désaffecté et déserté au profit d’un établissement flambant neuf.
Près d’un demi-siècle plus tard, tout – ou presque – est encore là : les onze cabines, où trônent encore les baignoires, les robinets et les douches, sont aujourd’hui noyées dans une odeur de soufre aux relents d’œufs pourris, tapissées de mousse et noyées dans l’humidité qui transpire des pierres. Gare où vous mettez les pieds, car ce cocktail est une vraie patinoire qui n’attend que de vous ouvrir le crâne sur une erreur d’inattention ! Le bâtiment, heureusement classé aux monuments historiques, n’est aujourd’hui pas menacé de destruction, mais aucun projet d’envergure ne semble pour le moment bien vouloir pointer le bout de son nez pour lui redonner sa superbe.
En attendant de le voir renaître de ses cendres, il reste encore ces quelques clichés, capturés à l’occasion d’une infiltration il y a quelques mois. Bouchez votre nez, regardez bien où vous mettez les pieds, et évitez du mieux possible les nombreuses gouttes qui coulent du plafond. Bonne visite !